Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 15:16

TEXTE DE CHARLES DARWIN          A mesure que l'homme avance en civilisation et que les petites tribus se réunissent en communautés plus larges, la plus simple raison devrait aviser chaque individu qu'il doit étendre ses instincts sociaux et ses sympathies à tous les membres d'une même nation, même s'ils lui sont personnellement inconnus. Une fois ce point atteint, il n'y  a plus qu'une barrière artificielle pour empêcher ses sympathies de s'étendre aux hommes de toutes les nations et de toutes les races. Il est vrai que si ces hommes sont séparés de lui par de grandes différences d'apparence extérieure ou d'habitudes, l'expérience malheureusement nous montre combien le temps est long avant que nous les regardions comme nos semblables. La sympathie portée au-delà de la sphère de l'homme, c'est à dire le sentiment d'humanité envers les animaux inférieurs, semble être l'une des acquisitions morales les plus récentes...

          Cette  vertu, l'une des plus nobles dont l'homme soit doué, semble provenir incidemment de ce que nos sympathies deviennent plus délicates et se diffusent plus largement, jusqu'à s'étendre à tous les êtres sensibles. Sitôt que cette vertu est honorée et praliquée par un petit nombre d'hommes, elle se répand à travers l'instruction et l'exemple donnés aux jeunes, et finit par être incorporée à l'opinion publique.

          La Filiation de l'Homme,  Chap. V ,  CHARLES DARWIN

 

Par Charles DARWIN - Publié dans : Réfexions
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