Partager l'article ! Décrochage bas et décrochage haut: Le long courrier d'Air France qui s'est abîmé dans ...
Le long courrier d'Air France qui s'est abîmé dans l'océan Atlantique, voici plus de deux ans, a été victime d'un décrochage. Ce point mérite des explications que nous voulons très simples.
Grâce à un profil très précis, l'aile transforme la vitesse de l'avion en une force destinée à le porter. Cette force n'est jamais verticale (en vol horizontal pour faire simple) mais inclinée vers l'arrière. Elle se décompose en une force utile de portance et une force nuisible de résistance à l'avancement. Ainsi la portance obtenue est très supérieure à la force de propulsion. La face supérieure bombée de l'aile, (extrados) participe pour les deux tiers à ce petit miracle. Et c'est l'endroit où la vitesse de l'air, autour de l'avion, est la plus rapide.
Lorsque l'avion ralentit, la portance diminue et le pilote cabre l'appareil pour ne pas descendre; la force créée par l'aile s'incline vers l'arrière et le freinage augmente. Si l'on insiste la vitesse devient trop faible pour porter l'avion car la portance diminue brusquement alors que la résistance augmente. C'est le décrochage bas auquel on remédie en laissant l'avion piquer et reprendre de la vitesse. Première cause d'accident aérien, ce décrochage est devenu rarissime sur les avions de ligne de part leur conception, leurs équipements et la formation des pilotes.
Lorsqu'il atteint des altitudes très élevées, l'avion évolue dans une atmosphère raréfiée qui seule lui permet -et l'oblige- à aller vite avec une puissance relativement réduite. S'il ralentit, il risque de décrocher comme nous l'avons vu. S'il accélère, il risque une vitesse approchant celle du son sur l'extrados de l'aile produisant de puissants tourbillons à l'origine d'une brusque perte de portance. C'est le décrochage haut susceptible de détruire tout appareil autre que supersonique.
De nuit, dans un orage violent, des indications de vitesse et d'altitude fausses, des alarmes de décrochage
injustifiées, il en faut pas tant pour aller à l'erreur. Ces Pitot tant décriés, pourquoi pas un sur l'extrados relativement protégé du givre avec une aiguille supplémentaire sur le machmètre. Le
pilote saurait distinguer un décrochage bas d'un décrochage haut.
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