Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 15:04

          Le long courrier d'Air France qui s'est abîmé dans l'océan Atlantique, voici plus de deux ans, a été victime d'un décrochage. Ce point mérite  des explications que nous voulons très simples.

          Grâce à un profil très précis, l'aile transforme la vitesse de l'avion en une force destinée à le porter. Cette force n'est jamais verticale (en vol horizontal pour faire simple) mais inclinée vers l'arrière. Elle se décompose en une force utile de portance et une force nuisible de résistance à l'avancement. Ainsi la portance obtenue est très supérieure à la force de propulsion. La face supérieure bombée de l'aile, (extrados) participe pour les deux tiers à ce petit miracle. Et c'est l'endroit où la vitesse de l'air, autour de l'avion, est la plus rapide.

          Lorsque l'avion ralentit, la portance diminue et le pilote cabre l'appareil pour ne pas descendre; la force créée par l'aile s'incline vers l'arrière et le freinage augmente. Si l'on insiste la vitesse devient trop faible pour porter l'avion car la portance diminue brusquement alors que la résistance augmente.  C'est le décrochage bas auquel on remédie en laissant l'avion piquer et reprendre de la vitesse. Première cause d'accident aérien, ce décrochage est devenu rarissime sur les avions de ligne de part leur conception, leurs équipements et la formation des pilotes.

          Lorsqu'il atteint des altitudes très élevées, l'avion évolue dans une atmosphère raréfiée qui seule lui permet -et l'oblige- à aller vite avec une puissance relativement réduite. S'il ralentit, il risque de décrocher comme nous l'avons vu. S'il accélère, il risque une vitesse approchant celle du son sur l'extrados de l'aile produisant de puissants tourbillons à l'origine d'une brusque perte de portance. C'est le décrochage haut susceptible de détruire tout appareil autre que supersonique.

          De nuit, dans un orage violent, des indications de vitesse et d'altitude fausses, des alarmes de décrochage injustifiées, il en faut pas tant pour aller à l'erreur. Ces Pitot tant décriés, pourquoi pas un sur l'extrados relativement protégé du givre avec une aiguille supplémentaire sur le machmètre. Le pilote saurait distinguer un décrochage bas d'un décrochage haut.

Par Claude SUSINI - Publié dans : Réfexions
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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 09:39

          IL y a 30 ans la peine de mort était abolie en France en la personne de Robert Badinter alors ministre de la justice. Cet événement, probablement le plus important de l'ère Mitterrand mérite qu'on en parle, il  restera gravé dans les tablettes de notre pays. En effet, pour tout être vivant la mort est la fin de tout, et si, comme d'aucun le pensent -ou l'espèrent-  notre esprit rejoint l'esprit de toutes choses, ce n'est pas, de toutes façons, par la mort donnée que l'on méritera des lendemains qui chantent. Les forces créatrices ne peuvent approuver ceux qui tuent inconsidérément et sapent ainsi leur oeuvre.

          Parmi les besoins de tout être humain figure la sécurité juste après la faim, la soif, etc. Juste après ne veut pas dire, ici, en importance mais en ordre d'urgence. Précarité et violence sont les deux ennemis de la sécurité, donc du désir de vivre tranquillement. La violence est particulièrement redoutée car elle reste invisible quand elle dort comme un virus caché que l'on croit éradiqué et se manifeste de façon parfois imprévisible et toujours excessive. Le sentiment de peur de la population la pousse à réclamer le châtiment suprême pour les assassins les plus odieux. Tuer pour faire justice est une pratique que l'on trouve dans les peuplades les plus primitives et ne décroît que de façon lente dans les sociétés avancées.

          Voici 150 ans, Darwin expliquait déjà dans un ouvrage d'où est extrait la citation baptisée Que sommes-nous ? -publiée ci-dessus- que L'évolution se manifestait, chez nous, par une "sympathie" qui nous pousse à être attiré vers autrui et également  vers les animaux. Pour moi aussi, cette sympathie c'est celle qui nous pousse à aimer nos proches et à ressentir ce même sentiment à des degrés divers que je qualifierais d'humanitaire envers les inconnus  et même les animaux. Pour ces derniers, la réciproque permet la domestication ou l'apprivoisement.

          Il est certain que la détresse des victimes de la violence peut être sans borne, la colère des braves gens peut être difficile à contenir mais est-ce que la loi du talion est la solution? La société qui extermine ou qui punit de mort n'est-elle pas criminelle?  Le particulier qui tue n'est-il pas une "bête sauvage"? Être civilisé c'est se comporter comme nous le demande la nature surtout à une époque où nous lui faisons beaucoup de mal. C'est bannir les guerres stupides, leurs  idéologies monstrueuses, c'est des nations qui ne condamnent plus à mort, c'est arrêter la chasse et la pêche pour le plaisir, c'est libérer les animaux des laboratoires avides de profit, c'est protéger nos cousins les bêtes et  c'est respecter leurs biotopes. C'est aussi savoir que chez eux il y a gentillesse et même amour, pour nous. 

          Voir les choses en face et se comporter comme il le faut, ce n'est pas être faible mais, au contraire, c'est, tout simplement,  être un peu plus civilisé en allant dans le sens du progrès et non dans celui de l'animalité. Le sens du progrès Darwin nous l'a bien indiqué.


Par Claude SUSINI - Publié dans : Réfexions
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Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 15:16

TEXTE DE CHARLES DARWIN          A mesure que l'homme avance en civilisation et que les petites tribus se réunissent en communautés plus larges, la plus simple raison devrait aviser chaque individu qu'il doit étendre ses instincts sociaux et ses sympathies à tous les membres d'une même nation, même s'ils lui sont personnellement inconnus. Une fois ce point atteint, il n'y  a plus qu'une barrière artificielle pour empêcher ses sympathies de s'étendre aux hommes de toutes les nations et de toutes les races. Il est vrai que si ces hommes sont séparés de lui par de grandes différences d'apparence extérieure ou d'habitudes, l'expérience malheureusement nous montre combien le temps est long avant que nous les regardions comme nos semblables. La sympathie portée au-delà de la sphère de l'homme, c'est à dire le sentiment d'humanité envers les animaux inférieurs, semble être l'une des acquisitions morales les plus récentes...

          Cette  vertu, l'une des plus nobles dont l'homme soit doué, semble provenir incidemment de ce que nos sympathies deviennent plus délicates et se diffusent plus largement, jusqu'à s'étendre à tous les êtres sensibles. Sitôt que cette vertu est honorée et praliquée par un petit nombre d'hommes, elle se répand à travers l'instruction et l'exemple donnés aux jeunes, et finit par être incorporée à l'opinion publique.

          La Filiation de l'Homme,  Chap. V ,  CHARLES DARWIN

 

Par Charles DARWIN - Publié dans : Réfexions
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Vendredi 16 septembre 2011 5 16 /09 /Sep /2011 13:59

          Comme ce fut très souvent le cas avec les grands savants qui bouleversèrent les idées de leur époque, l'Anglais Charles Darwin (1809-1882) n'arrivant pas à être lu par ses pairs publia en 1859 un livre qui contenait une très belle et surprenante théorie intitulée L'Origine des Espèces. Darwin avait découvert l'évolution de la vie, que nous pensons, maintenant,  issue d'un événement unique, ainsi que les principaux mécanismes en oeuvre. L'humain devenait, alors, un animal mieux adapté à la survie que les autres et donc positionné en bout de la chaîne de cette évolution. L'image de la création biblique perd son caractère miraculeux, mais celle que nous en donne la science me semble bien la valoir, largement.

          L'extrait de texte ci-dessus baptisé, par moi, Que sommes-nous se trouve dans un ouvrage plus récent de 12 ans  où l'auteur traite une conséquence intéressante de cette idée qui compte parmi les plus géniales à mettre à l'actif de ceux qui ont éclairé l'Humanité.

          L'évolution des êtres vivants se poursuit lentement mais, nous en tête, notre faculté d'adaptation apparaît dans des domaines nouveaux. Le sentiment que les hommes sont tous frères devient, tout doucement, général malgré des barrières telles les frontières ou les langues. Même les différences de couleur, par exemple, deviennent des tabous qui tombent.

La découverte d'une parenté avec les animaux nous rapproche d'eux alors que naguère ils étaient considérés comme des sortes de pantins sans lucidité.

          La nature semble s'être créée elle même à partir de pas grand chose, si moins que l'espace, moins que le temps et moins que la matière peuvent être, encore, quelque chose. Et cela a donné tout ce qui existe et nous avec. Tout est compréhensible, logique et peut être compris avec plus ou moins de difficultés. La matière aurait pu être grossière comme le ciment; les lois de la physique auraient pu être approximatives et le monde, fils du néant, aurait pu être un désert stérile et invivable. Mais non, qui, en partant de rien, aurait pu inventer pareil palais pour abriter la vie et l'esprit ? Certes, il y a la cruauté de la bataille pour la sauve-garde de l'espèce, décidément nous sommes toujours poursuivi par le mal métaphysique mais c'est le moteur de l'évolution.

          Nous sommes, semble-t-il, des éclairs de lucidité dans un océan de lumière et nous ne saurons jamais pourquoi tout cela. Mais nous pouvons voir -si nous le voulons- qu'un progrès se dessine et il nous appartient d'aller dans le sens de ce progrès.

          Les hommes sont tous frères, les animaux sont nos cousins, les végétaux nos lointains ancêtres et l'univers notre palais à tous.

          Tout ceux qui comprennent les choses à peu près comme cela devraient avoir le courage de le dire.

Par Claude SUSINI - Publié dans : Réfexions
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Jeudi 25 août 2011 4 25 /08 /Août /2011 08:34

          Depuis 22 ans, je suis victime d'acouphènes continuels aux deux oreilles, héritage probable des machines très bruyantes de ma jeunesse. Cette infirmité devant laquelle la Faculté est  impuissante m'amène à quelques réflexions.

          Sachant qu'il existe plusieurs sortes d'acouphènes je ne parle, ici, que des miens qui se traduisent par un bruit de fond -friture- qui donne l'impression que la tête va éclater. Ayant, depuis toujours, un petit défaut du rythme cardiaque, mes sifflements sont, parfois, interrompus l'espace d'une petite seconde et cela me permet une petite exploration malgré moi.

          Ces acouphènes ne sont pas liés aux bruits extérieurs car ils ne varient pas au rythme de ces derniers, ils restent égaux à eux-mêmes pendant la journée et je ne pense donc pas que le mal réside là où on le cherche. Le bruit "ressemble" à la courbe d'un électro-encéphalogramme, c'est mon cerveau que "j'entends". Mais pas le bruit de la circulation sanguine, les acouphènes seraient saccadés. En réalité, j'entends l'activité électrique de mon cerveau qui, parfois, faiblit de façon fugace. Cet arrêt des acouphènes en même temps que celui de l'activité cérébrale semble vouloir dire que la transmission de l'influx nerveux oreille-cerveau est perturbée par le courant issu des neurones. Logiquement, il me semble que le nerf auditif doit être protégé par une gaine isolante justement pour éviter ce désagrément. Il suffit alors, d'un bruit trop intense pour que la gaine soit lésée par un courant excessif. La gaine se fissure puis, avec l'âge, se craquelle. Merci patron.

              D'aucun se plaignent d'une intensité redoublée des acouphènes en cas d'insomnies alors que ceux-ci sont, plus violents, déjà, au moment du réveil. Lors du sommeil paradoxal, le cerveau est au plus fort de son activité et il est alors normal, de mon point de vue, qu'un maximum de courant parasite produise un maximum de gêne. Et le réveil survient à la fin des rêves laissant le malade effondré et en proie à un mal-être profond qui s'oppose au repos et même au désir de se coucher. Beaucoup de victimes se plaignent-elles de cauchemars?

          Peut-être pourrait-on pratiquer un examen électrique à la périphérie de l'oreille pour étudier cette zone. Peut-être pourrait-on intervenir sur cette gaine afin d'améliorer son isolant par un film ou un produit injecté. Peut-être pourrait-on canaliser les ondes cérébrales loin des oreilles par un champ magnétique, au moins la nuit. Évidemment, reste le cerveau !

          Étant ignorant de la chose médicale, je ne donne pas de leçon et n'expose, ici, qu'un point de vue qui peut avoir échappé à ceux qui ne peuvent se mettre que très difficilement à la place du malade ce dernier ne pouvant expliquer son mal dans le cas général. Si, pour des raisons particulières je peux apporter des indices, je le fais volontiers ici car être victime d'acouphènes est plus qu'une petite gêne. Et puis,...ça rassure un peu de mieux connaître son sommeil.

Par Claude SUSINI
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