...c'est la mienne et elle n'est pas compliquée. Et comme je n'ai jamais été Superman, ce que je crois avoir compris,
avec l'aide de beaucoup d'autres, tout le monde peut le comprendre et beaucoup peuvent m'en apprendre. C'est bien à un débat que j'appelle.
En temps qu'être humain j'arrive à comprendre certaines choses, pas toujours facilement, mais avec ravissement parce que
j'ai le sentiment d'avoir droit à un voyage durant une petite éternité au cours duquel je suis le grand-frère des animaux et des plantes. Nous sommes tous de la même famille et nous maltraitons
les autres uniquement parce que nous nous croyons différents, uniques. Si je surmonte un égocentrisme dû, probablement à l'instinct de conservation et aussi celui de chasseur, j'ai l'impression
de ne rien faire de plus que d'appartenir à cette Nature qui m'a doté d'un cerveau pas trop mal fait; peut-être m'aime-t-elle bien ? Mais elle a agit indirectement en passant du minéral aux
molécules complexes, des bactéries aux bêtes microscopiques, des reptiles aux oiseaux et des primates aux hommes. Ce résumé de 3,5 milliards d'années d'évolution, réduit à deux lignes
squelettiques, c'est en fait le beau miracle de la vie qui a émerveillé tant de gens et qu'aujourd'hui on oublie, peut-être un peu trop de lire. Ce miracle plus beau que celui découvert lorsque
je préparais ma communion, et que je ne comprenais pas, c'est finalement le même mais plus complexe, plus riche, plus étonnant et plus merveilleux. Et "pourquoi y a-t-il tout ça plutôt que rien
du tout" ? Je n'en sais rien ; ce que je sais c'est que la science ne répond pas à ce genre de question - voir Cosmologie ci-dessous -, elle découvre des phénomènes que nous utilisons et il en
existe tant que cela en est incroyable ; tout parait possible. On a l'impression que tout a été fait, au départ, pour que ça marche d'une façon très satisfaisante. Ce que je sais, enfin, c'est
que les choses vont souvent dans un sens bien précis et ne reviennent pas en arrière, comme un progrès, comme un éphémère passage. Parfois les choses s'arrêtent comme si rien n'étaient
indispensable. Cela semble dû à des forces négatives qui paraissent redouter le progrès. Ayant conscience d'appartenir à une société et même à une humanité, je remarque des forces qui essaient
d'élever des civilisations entières alors que pour satisfaire un égocentrisme véritablement pathologique, des forces du mal rendent l'ascension, difficile, pénible, incertaine et menacent de
faire écrouler tout l'édifice.
La vie est un progrès sur la matière mais comme elle est instable elle doit se reproduire et, pour cela, elle doit se
nourrir. C'est alors, pour les êtres vivants, l'obligation de lutter donc d'être performant, de s'adapter et d'évoluer, cette évolution qui est nécessaire et qui n'est permise que par le
changement des individus. Je n'ai pas l'impression que le hasard soit très sélectif dans cette affaire, je pense que, chez les animaux, ce sont les femelles qui choisissent le partenaire le plus
apte à les défendre, c'est à dire le plus fort, le plus malin, le plus séduisant. Cette évolution aboutit à la situation actuelle prévisible et normale. L'homme est devenu le super prédateur
auquel rien ne résiste. Son caractère belliqueux est tel qu'il fomente des guerres insensées et suicidaires simplement animé par la haine de l'autre, son frère. Même les végétaux doivent produire
des fleurs, des fruits ou des graines qui attirent l'attention des papillons ou des écureuils. Ce ne peut être le hasard qui permet au rosier de se défendre en se dotant d'épines ou à
l'oignon de contenir un acide qui repousse les ruminants. Ce n'est pas, non plus le hasard qui a expliqué aux papillons qu'avec des ailes ils pourraient voler ou indiquer les lois de
l'aérodynamique aux oiseaux qui les appliquent si bien, mieux que les avions modernes. Le hasard permet à l'ignorant, qui s'ignore, de ne pas douter. La matière elle-même faite d'énergie a donné
la vie, cette dernière a créé l'esprit et, au sommet de la pyramide les hommes qui se demandent où cela peut bien aller. Quelle sera la prochaine étape que nous ignorerons à jamais ? quelle
faculté auront, un jour nos décendants? Nous ne savons pas très bien d'où nous venons et bien malin celui qui saura où nous allons. D'aucuns prétendent le savoir mais ils n'expriment, ce
faisant, que leurs fantasmes. D'autre part nier nos qualités et nos défauts, c'est un prétexte pour fuir nos responsabilités.
Revenons à la haine de l'autre. Aucun ordre animal, d'après les chercheurs, n'est resté aussi groupé génétiquement que le
genre humain. Les gènes qui caractérisent nos chromosomes sont ceux d'une famille unie où les différences sont mineures et toujours moins importantes que chez les autres mammifères, par exemple.
Ces différences ne concernent que des détails dans l'apparence et jamais dans les caractéristiques psychiques qui font notre spécificité. Le racisme n'est qu'une maladie de l'esprit qui affecte
des gens blessés. Il sert les intérêts de ceux qui veulent diviser pour régner en instituant des frontières ou des différences de langue ou de droit ; mais là c'est la haine qui est utilisée en
faisant croire aux gens qu'ils ont raison et qu'ils font partie de la race des seigneurs. Pourtant chez le jeune enfant on ressent un sentiment de rejet des jeunes inconnus. Mais la particularité
du cortex de notre cerveau, c'est la domination des instincts hérités du fond des âges par la raison et le sens commun. Toute notre connaissance n'est faite que de brides qui ne permettent jamais
de conclure à des certitudes. Ceux qui sont formels en matière de raisonnement devraient se dire qu'ils n'ont même pas compris le peu qu'ont admis ceux qui doutent. Au cours de notre existence,
nous voyons tomber nos certitudes les mieux enracinées, celles sur lesquelles nous avions posé les vérités éternelles.
Les sciences révèlent des grandes lois qui ont l'air éternelles. Elles existent depuis que le monde est monde. Les lois
de la création du monde sont en place, au moins, depuis l'instant où l'univers est apparu, issu du néant. Elles sont arrivées de façon instantanée à partir de rien du tout selon l'hypothèse du
big bang. Si ce n'est pas de la sorcellerie, ça y ressemble. Il arrive, que l'on " oublie " de douter et pourtant une théorie scientifique n'est vrai que tant que l'on en a pas trouver une autre
qui serrera le réel de plus près. Peut-on vraiment connaître ce réel ? Il ne semble pas. La Nature se cache mais, coquine, montre le bout de son nez pour qu'on reprenne le jeu. Et chaque fois de
nouveaux horizons apparaissent. Dans l'infiniment petit, chaque particule est aussi une onde. Le photon est une vibration du vide de toute chose et, aussi un paquet de lumière, et pas une toute
petite bille bien dure ; mais de quoi serait-elle faite cette bille ?. Et pour tout arranger, on ne peut comprendre la nature sans l'outil mathématique. Ces maths qui ne sont pas une
science mais le langage des dieux. Sans elles, pas grand chose ne pourrait être compris. C'est d'ailleurs un grand étonnement que de comprendre les choses, ces choses qui sont logiques. En
définitive la Nature est non seulement belle, mais elle est intelligente et nous en faisons partie! Elle nous demanderait d'en être digne, de la mériter que cela ne m'étonnerait pas. Le mot
respect est déplaisant car il suppose un rapport de force, disons accepter ce qui est acceptable le brut et parfois une perle. Ainsi la vie est sacrée, même celle des animaux peu sympathiques.
Les opinions des autres sont honorables mais devraient, parfois, accepter la discussion sans risquer l'anathème. Que sont à côté de cela les différences d'éducation, de culture, de mentalité ?
Nous sommes tous parents, les êtres vivants et les autres humains, en particulier, sont exactement comme nous. Si nous nous aimons nous devons les aimer. Pourquoi vouloir ressusciter les
mammouths et exterminer les tigres ou les éléphants ? Mon image de la chose : nous sommes une brève étincelle de lucidité au milieu d'un océan d'intelligence. L' univers et son contenu naissent
et meurent. La création entière est éphémère. Les forces obscures qui ne se montrent jamais qui sont-elles ? Je ne les connais pas, et je ne les connaîtrai jamais et pourtant, j'aurais aimé
comprendre. Cela s'appelle le regret d'une vie.
Quand on réfléchit à l'histoire de l'astronomie on est frappé par l'évolution de la pensée. Dans l'antiquité les religions toutes
puissantes enseignaient que tout sur terre était imparfait contrairement aux cieux réservés aux dieux. L'homme était condamné, aux deux sens du terme, à la misère, la maladie, la mort et à
rester en bas. Un nombre impressionnant d'expressions populaires parlent de monter ou de haut alors que d'autres évoquent la bassesse ou la descente. Les humains étaient rivés à " ce bas monde",
à " cette vallée de larmes". Dans sa prison chacun devait subir la dure condition et l'autorité du puissant. Avec la renaissance les savants puis les Lumières, libèrent l'homme de ses
chaînes, l'univers tout entier s'ouvrait à lui. Hélas le big bang referma à clé la porte du spacieux appartement. Issu du néant et destiné à mourir notre univers ne permet plus l'éternité et
toujours ou jamais perdent leur sens. Même la rapide expansion des astres lointains ou la vitesse de la lumière, tout limite les ambitions de l'humanité. L'Ulysse supraluminique ne retrouvera pas
sa galaxie noyée dans le tourbillon de la mouvance, quand il reviendra. Certes c'est très grand, et même encore plus grand que ça, mais déjà certains se désolent ; pas assez vite, pas assez
longtemps. Décidément, le matérialisme n'est pas une position facile !
Que pouvons-nous faire ? Tout d'abord on peut comprendre qu'il y a une morale naturelle, celle du monde qui avance et
qui, en définitive, n'est pas très différente de celle de naguère que beaucoup regrettent. L'avancée de la liberté a tout balayé sur son passage et des choses doivent être reconstruites ou
complétées.
Et puis, il y a un nouveau comportement responsable. Il y a, aussi, des possibilités nouvelles ; par exemple, lors de la
dernière glaciation, il y a environ dix millénaires, le Sahara était une luxuriante forêt tropicale car, probablement, l'immensité de la calotte polaire avait rejeté la météo tempérée vers celle
de la zone intertropicale. En régressant les calottes polaires sont, alors, responsables de déserts qui occupent 30 % des sols, qui s'étendent sans cesse, et qui s'étendront encore et cela tant
que ces calottes polaires diminueront. Ces régions chaudes et arides sont celles qui seront les plus aptes à utiliser l'énergie solaire. Elles pourront même en exporter. Un vaste réseau de
gazoducs pourrait partir de champs de capteurs et de centrales thermiques installés en bordure de mer et distribuer l'hydrogène dans toutes les parties du monde. Ce serait un vaste chantier qui
coûterait, peut-être, moins cher que les guerres du XX° siècles et donnerait, à l'arrivée un combustible abondant et non polluant donc de l'énergie et de l'eau pure pour tous. Et avec l'eau on
peut avoir le bois, une matière première recyclable et noble créée en plein désert. On peut avoir, aussi, de la viande, des fruits et des légumes. De quoi satisfaire les besoins, parmi les plus
impérieux avec, naturellement, la paix. Le schéma est simple :
Grâce au soleil, l'eau de mer est dessalée, une grosse partie du sel est rejeté loin au large. Utilisant la même source
solaire, des centrales thermiques produisent d'importantes quantités d'hydrogène par électrolyse de l'eau dessalée. L'oxygène est rejeté dans l'atmosphère en veillant à éviter son accumulation et
l'hydrogène est envoyé pour utilisation par gazoduc. Là, le gaz est stocké ou distribué aux consommateurs : Une partie est utilisée par l'industrie, une autre par des centrales thermiques qui
produiront l'électricité pour les besoins locaux. La vapeur d'eau refroidie permettra d'obtenir de l'eau pure en sous-produit. Cette eau alimentera un réseau de distribution. Les particuliers
disposeront de l'énergie électrique et de gaz comprimé comme carburant pour les piles à combustible. Et tout ceci pourra se faire avec de l'énergie entièrement renouvelable et sans
pollution. Non seulement l'humanité vivra autrement mais il sera possible de mettre en valeur les régions les plus déshéritées.
Voici un exemple précis : l'activité spatiale demande des lanceurs puissants, actuellement ce sont des fusées. Un lanceur
à trois étages pourrait être vu comme un premier étage doté de puissants turboréacteurs hydrogène + air et pilotage automatique pour retour au sol, un deuxième étage à statoréacteurs hydrogène +
air et, également, retour automatique. Ces deux engins dotés d'ailes, plus légers parce que n'emportant pas d'oxygène et parce qu'un décollage avion est moins coûteux qu'un départ à la verticale
seraient moins gros, moins puissants et moins coûteux que des fusées. Enfin, un troisième étage fusée. Le même carburant pour l'ensemble sans pollution serait déjà un critère écologique mais les
grosses fusées sont plus difficiles à sécuriser que les avions, cela serait intéressant pour l'équipage et les sommes en jeu, sans parler de la récupération des deux étages. Et puis, il y aurait,
probablement des candidats parmi les constructeurs pour concevoir de très gros porteurs qui préfigureront les transports de plus tard.
Un tel changement des structures sera difficile, mais possible, pour les pays riches. Pourtant il ne faudra pas que ce
soit leur apanage. Il sera nécessaire d'aider les nations faibles pour atteindre tous à la fois un niveau correct dans les changements écologiques et les niveaux de vie.Ce sera la seule façon
d'obtenir des sociétés animées de réels soucis de protection de la nature et de limitation du gaspillage. Encore faudra-t-il que leurs dirigeants soient animés d'intentions vraiment
démocratiques. Là, les difficultés seront énormes et c'est pourtant la seule façon de régler les problèmes d'exode. Quitter son pays est un déchirement qui ne se justifie que pour fuir la
répression ou la misère. La sur-natalité est, également liée à la pauvreté extrême des populations. Enfin, les injustices criardes et les minorités extrémistes sont souvent la cause de mouvements
de foule ou même de guerres. L'aspiration à la paix est indissociable de la sensibilité écologique.
Diriger une économie, ce n'est pas lui imposer n'importe quoi et s'étonner ensuite du gâchis. C'est, au contraire de
réfléchir sur tous les points de vue, de calculer largement les délais accordés à chacun des acteurs même les plus secondaires. Par exemple lorsque nous citons le passage du pétrole et du charbon
à l'hydrogène, l'industrie doit être avisée des années à l'avance de la mise en place de taxes de dissuasion, de leur évolution et cela doit être accepté et admis comme réaliste par les
intéressés. Les secteurs économiques sont les créateurs de richesses ce qui veut dire que des entreprises s'appauvrissant sont les cellules d'un pays courant à sa ruine. Sinon, à quoi bon des
dirigeants politiques si les choses vont à la dérive. Et cela, dans le cadre de la mondialisation, Cela doit se faire dans tous les centres économiques. Il suffit que le désastre se fasse sentir
- grave pénurie de pétrole, énergie très chère - pour que les consommateurs, les citoyens et les électeurs acceptent le changement. A condition, bien sûr, que chacun soit bien renseigné et décide
en son âme et conscience.Tout à l'heure l'écologie demandait la paix, maintenant elle exige la démocratie.
Les taxes préconisées sont des prélèvements ayant pour but de dissuader les acteurs à alimenter la pollution ou le
CO2 et ceux consommant les matières premières non renouvelables. Ces taxes doivent être débattues comme dit plus haut et ne doivent, en aucun cas constituer un impôt supplémentaire.
Elles viennent en remplacement des impôts actuels, euro pour euro, qui diminuent alors. Le plus raisonnable semble être une TVA, à laquelle personne n'échappe avec un taux très bas pour les
produits de première nécessité, un taux normal pour le reste et des taux très élevés pour ce que l'on veut voir disparaître. Cette dernière catégorie serait régulièrement réajustée dans les
conditions exposées plus haut avec pour conséquence de diminuer les impôts anciens. Ainsi, les matières premières nouvelles seraient préservées et les matières renouvelables seraient taxées mais
faiblement car le gaspillage ne serait plus de mise. Même chose pour les formes d'énergie. Les procédés de fabrication recherchant l'économie de main d'oeuvre serait taxés face à ceux favorables
à une économie de matière première, à une diminution de la pollution ou une économie d'énergie. Pour terminer ce chapitre, l'utilisation de l'argent des autres doit exiger la même rigueur que le
sien propre et cela est valable pour ceux qui décident des dépenses, même les décideurs privés. Les impôts diminuent la création des richesses et de bien être des populations mais l'aide sociale
devrait voir son intégrité garantie. Les sommes indument amassées diminuent, également, cette création.
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