Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 15:08

          C'était le temps du cinéma muet,...chantait Brel le poète avec conviction 

          C'était le temps des banquets familiaux où grand-père entonnait le Temps des Cerises de sa voix de stentor. Tous se taisaient, seul le regard des vieux se voilait discrètement. 

          C'était le temps des grands qui jouaient à la guerre avec des armes de misère et parlaient, tout bas, de ceux qui ne reviendraient plus. 

          C'était le temps des pavés arrachés et des lendemains qui chantent. 

          C'était le temps des illusions perdues et de l'adieu à la fraternité vaincue par l'exploitation. 

          C'était le temps passé, temps passé qui ne reviendra plus. Il ne me reste que des souvenirs et, surtout, ma douce compagne toujours près de son rugueux mari. 

   

Par Claude SUSINI
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 13:07

          L'agnosticisme n'est pas une maladie et ce mot inélégant semblant issu d'un mauvais roman de SF désigne, simplement, une doctrine philosophique que l'on peut faire sienne en se permettant quelques aménagements  au gré de ses propres convictions. Peut-on percer les secrets de la Nature? Je suis convaincu que les avancées scientifiques se rapprochent du Réel sans jamais l'atteindre vraiment comme un horizon qui se renouvelle montrant de nouveaux paysages mais pas le mystère qui titille le chercheur. 

          Peut-être cherchons-nous l'absolu et celui-ci est-il inaccessible à notre esprit de mortel? Peut-être les dieux se cachent-ils et se jouent-ils si bien des humains  désemparés que nous ne pouvons, même pas, en être certains? La démesure de l'univers, la petitesse de l'infiniment petit et le panorama si riche, si logique et si intelligent bien que complexe, que dévoile la science, compliquent encore la question que d'aucun veulent évidente et catégorique: mais pourquoi? 

          Un exemple simple permet de comprendre la chose. Les lettres que j'utilise pour écrire se divisent en consonnes dont certaines peuvent être doubles, d'autres changent de prononciation selon la lettre voisine, etc. Les voyelles, quant à elles, sont encore plus versatiles par leur prononciation, leurs accents, etc. Avec ces lettres on compose des mots, des sons, des phrases, des idées, des poèmes, des romans, etc. Nous avons là un véritable système -un ensemble- qui se développe, s'enrichit. Si, englobant le tout, on plonge dans ce système, on peut remonter jusqu'aux lettres et là ce n'est pas l'encre, la craie ou la peinture qui nous intéresseront mais bien les symboles que les lettres représentent; ces symboles posés, au départ, par des intervenants  intelligents. Ainsi les éléments qui constituent toute matière sont-ils assemblés en molécules, en atomes, en particules, en quarks, en cordes, ...Ces dernières sont-elles en béton ou en bois? La stupidité de la question permet de comprendre, après quelques secondes de réflexion, qu'à un moment il faut admettre que le symbole remplace la petite bille bien dure. Mais qui a posé ces symboles? 

          S'arrêter là ne déclencherait pas l'hilarité et si nous sentons la présence de garde-fous édifiés pour toujours, je ne crois pas qu'il y ait là une raison de renoncer à chercher à comprendre, mais, au contraire celle de prendre conscience de possibilités encore trop peu exploitées par les humains, compte tenu de leurs qualités réelles. La modestie nous rappelle sans cesse qu'un choix philosophique reste une option personnelle et aléatoire.

          Depuis 25 siècles la science se donne pour tâche de comprendre la nature en franchissant des obstacles qui peuvent demander des décennies d'effort. Elle rapporte dans sa gibecière des perles inestimables et parfois un avatar qui semble avoir été découvert pour l'éternité; une récolte mélangée à beaucoup de superstitions et d'idées reçues qu'il faudra éliminer. Ainsi la tentative de division par zéro, la vision floue de l'infiniment petit, la vitesse limite de la lumière, l'évolution des trous noirs ou l'instant du big bang sont-ils venus rejoindre les questions éternelles de tous ceux qui demandent depuis la nuit des temps: qui a fait cela? pourquoi le mal? la mort? etc.

          Ces questions métaphysiques, nous nous les posons alors que nous savons leurs résolutions impossibles; notre psychisme est-il encore insuffisant? Par exemple le big bang est l'instant où apparaissent matière, énergie, espace, temps et lois physiques. Avant cela il n'y avait rien du tout, donc même pas de vide mais que le néant et ce dernier aurait engendré tout ce qu'il fallait pour évoluer vers un univers complexe et logique.  Il faudrait que le néant soit quelque chose! La cause rien a donné des effets qui semble bien avoir été créés par une intelligence. Le big bang est un mystère pour l'athée et l'acte du créateur pour le croyant, n'est-ce pas la même chose? 

          La nature nous a fait capables de dompter même la dure loi de la sélection naturelle et son terrible "tuer pour manger". Nous ne sommes pas les maîtres d'un monde qu'on nous prête gentiment, à nous de le mériter.

          

Par Claude SUSINI - Publié dans : Philosophie
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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 15:04

          Le long courrier d'Air France qui s'est abîmé dans l'océan Atlantique, voici plus de deux ans, a été victime d'un décrochage. Ce point mérite  des explications que nous voulons très simples.

          Grâce à un profil très précis, l'aile transforme la vitesse de l'avion en une force destinée à le porter. Cette force n'est jamais verticale (en vol horizontal pour faire simple) mais inclinée vers l'arrière. Elle se décompose en une force utile de portance et une force nuisible de résistance à l'avancement. Ainsi la portance obtenue est très supérieure à la force de propulsion. La face supérieure bombée de l'aile, (extrados) participe pour les deux tiers à ce petit miracle. Et c'est l'endroit où la vitesse de l'air, autour de l'avion, est la plus rapide.

          Lorsque l'avion ralentit, la portance diminue et le pilote cabre l'appareil pour ne pas descendre; la force créée par l'aile s'incline vers l'arrière et le freinage augmente. Si l'on insiste la vitesse devient trop faible pour porter l'avion car la portance diminue brusquement alors que la résistance augmente.  C'est le décrochage bas auquel on remédie en laissant l'avion piquer et reprendre de la vitesse. Première cause d'accident aérien, ce décrochage est devenu rarissime sur les avions de ligne de part leur conception, leurs équipements et la formation des pilotes.

          Lorsqu'il atteint des altitudes très élevées, l'avion évolue dans une atmosphère raréfiée qui seule lui permet -et l'oblige- à aller vite avec une puissance relativement réduite. S'il ralentit, il risque de décrocher comme nous l'avons vu. S'il accélère, il risque une vitesse approchant celle du son sur l'extrados de l'aile produisant de puissants tourbillons à l'origine d'une brusque perte de portance. C'est le décrochage haut susceptible de détruire tout appareil autre que supersonique.

          De nuit, dans un orage violent, des indications de vitesse et d'altitude fausses, des alarmes de décrochage injustifiées, il en faut pas tant pour aller à l'erreur. Ces Pitot tant décriés, pourquoi pas un sur l'extrados relativement protégé du givre avec une aiguille supplémentaire sur le machmètre. Le pilote saurait distinguer un décrochage bas d'un décrochage haut.

Par Claude SUSINI - Publié dans : Réfexions
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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 09:39

          IL y a 30 ans la peine de mort était abolie en France en la personne de Robert Badinter alors ministre de la justice. Cet événement, probablement le plus important de l'ère Mitterrand mérite qu'on en parle, il  restera gravé dans les tablettes de notre pays. En effet, pour tout être vivant la mort est la fin de tout, et si, comme d'aucun le pensent -ou l'espèrent-  notre esprit rejoint l'esprit de toutes choses, ce n'est pas, de toutes façons, par la mort donnée que l'on méritera des lendemains qui chantent. Les forces créatrices ne peuvent approuver ceux qui tuent inconsidérément et sapent ainsi leur oeuvre.

          Parmi les besoins de tout être humain figure la sécurité juste après la faim, la soif, etc. Juste après ne veut pas dire, ici, en importance mais en ordre d'urgence. Précarité et violence sont les deux ennemis de la sécurité, donc du désir de vivre tranquillement. La violence est particulièrement redoutée car elle reste invisible quand elle dort comme un virus caché que l'on croit éradiqué et se manifeste de façon parfois imprévisible et toujours excessive. Le sentiment de peur de la population la pousse à réclamer le châtiment suprême pour les assassins les plus odieux. Tuer pour faire justice est une pratique que l'on trouve dans les peuplades les plus primitives et ne décroît que de façon lente dans les sociétés avancées.

          Voici 150 ans, Darwin expliquait déjà dans un ouvrage d'où est extrait la citation baptisée Que sommes-nous ? -publiée ci-dessus- que L'évolution se manifestait, chez nous, par une "sympathie" qui nous pousse à être attiré vers autrui et également  vers les animaux. Pour moi aussi, cette sympathie c'est celle qui nous pousse à aimer nos proches et à ressentir ce même sentiment à des degrés divers que je qualifierais d'humanitaire envers les inconnus  et même les animaux. Pour ces derniers, la réciproque permet la domestication ou l'apprivoisement.

          Il est certain que la détresse des victimes de la violence peut être sans borne, la colère des braves gens peut être difficile à contenir mais est-ce que la loi du talion est la solution? La société qui extermine ou qui punit de mort n'est-elle pas criminelle?  Le particulier qui tue n'est-il pas une "bête sauvage"? Être civilisé c'est se comporter comme nous le demande la nature surtout à une époque où nous lui faisons beaucoup de mal. C'est bannir les guerres stupides, leurs  idéologies monstrueuses, c'est des nations qui ne condamnent plus à mort, c'est arrêter la chasse et la pêche pour le plaisir, c'est libérer les animaux des laboratoires avides de profit, c'est protéger nos cousins les bêtes et  c'est respecter leurs biotopes. C'est aussi savoir que chez eux il y a gentillesse et même amour, pour nous. 

          Voir les choses en face et se comporter comme il le faut, ce n'est pas être faible mais, au contraire, c'est, tout simplement,  être un peu plus civilisé en allant dans le sens du progrès et non dans celui de l'animalité. Le sens du progrès Darwin nous l'a bien indiqué.


Par Claude SUSINI - Publié dans : Réfexions
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Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 15:16

TEXTE DE CHARLES DARWIN          A mesure que l'homme avance en civilisation et que les petites tribus se réunissent en communautés plus larges, la plus simple raison devrait aviser chaque individu qu'il doit étendre ses instincts sociaux et ses sympathies à tous les membres d'une même nation, même s'ils lui sont personnellement inconnus. Une fois ce point atteint, il n'y  a plus qu'une barrière artificielle pour empêcher ses sympathies de s'étendre aux hommes de toutes les nations et de toutes les races. Il est vrai que si ces hommes sont séparés de lui par de grandes différences d'apparence extérieure ou d'habitudes, l'expérience malheureusement nous montre combien le temps est long avant que nous les regardions comme nos semblables. La sympathie portée au-delà de la sphère de l'homme, c'est à dire le sentiment d'humanité envers les animaux inférieurs, semble être l'une des acquisitions morales les plus récentes...

          Cette  vertu, l'une des plus nobles dont l'homme soit doué, semble provenir incidemment de ce que nos sympathies deviennent plus délicates et se diffusent plus largement, jusqu'à s'étendre à tous les êtres sensibles. Sitôt que cette vertu est honorée et praliquée par un petit nombre d'hommes, elle se répand à travers l'instruction et l'exemple donnés aux jeunes, et finit par être incorporée à l'opinion publique.

          La Filiation de l'Homme,  Chap. V ,  CHARLES DARWIN

 

Par Charles DARWIN - Publié dans : Réfexions
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